Retour au travail : les (autres) risques invisibles

La santé et la sécurité sur le lieu de travail : voilà les préoccupations du moment. Entre gestes barrières, masques, installations en plexiglass, réorganisation des bureaux et des chantiers… les entreprises vivent actuellement un véritable bouleversement. Depuis plusieurs semaines, les organisations sont sur le pont pour mettre en place toutes les mesures nécessaires pour protéger leurs salariés du fameux Covid-19.

Avec le déconfinement, les « protections physiques » mises en place vont être testées, modifiées et adaptées au fil du temps pour protéger au mieux les travailleurs. Mais ce qui me préoccupe aujourd’hui pour la suite, ce ne sont pas ces protections physiques, mais la protection « mentale » des salariés. Sur différents médias d’information, nous avons pu entendre ces derniers jours des personnes formulant des propositions telles que la suppression des congés d’été, des journées et des semaines à rallonge (pour essayer de rattraper les deux mois), et cela m’inquiète.

J’ai peur pour ces Français qui n’ont jamais arrêté de travailler pendant la crise et qui se sont rendus au travail chaque jour la boule au ventre de peur d’être contaminé. J’ai peur pour ceux qui ont subi du chômage partiel et qui se sentent maintenant « inutiles » (début de bore-out ?), ceux qui ont dû travailler bien plus que de raison pour suivre la cadence (possible burn-out ?), ceux qui ont fait des doubles journées en jonglant entre le travail et les enfants, et tous ceux qui ont subi un chamboulement dans leur rythme de travail, dans leur façon de travailler, dans leur vie, et pour qui la reprise s’annonce compliquée.

Car non, les Français n’ont pas passé deux mois de vacances. D’ailleurs, personne n’a vécu cette période de la même façon. Nous sommes tous humains et réagissons différemment aux situations. Après presque deux mois de confinement, nous risquons de retrouver des Français fatigués, inquiets — voire anxieux — et selon moi, les risques psycho-sociaux peuvent être conséquents si les salariés ne se sentent pas soutenus.

Alors oui, il faut protéger tous les salariés, tous les professionnels, tous les Français. Et si les entreprises mettent tout en place pour vous protéger, nous sommes TOUS, collectivement, responsables de notre sécurité, et de celle de nos collègues.

 

A ce titre, j'aimerais attirer votre attention sur un terme : la vigilance partagée.

J’ai appris ce terme en 2018 alors que je préparais la certification MASE de Progressive. C’est l’idée selon laquelle chaque personne contribue à s’assurer de la santé et de la sécurité de ses collègues. Ainsi, dans une PME de 20 personnes, il n’y aurait pas seulement une ou deux personnes en charge de « surveiller » les 18 autres, mais bien 20 personnes qui peuvent s’observer, veiller les uns sur les autres, se soutenir et s’entraider mutuellement.

Je pense que cette pratique est indispensable pour travailler dans les meilleurs conditions. S’il est facile d’observer ses collègues physiquement au quotidien lorsque l’on partage un même lieu de travail, n’oubliez pas les collègues que vous ne voyez pas. Vous devez créer du lien avec eux, au bureau, sur chantier et en télétravail. Prenez des nouvelles, échangez sur le professionnel voire même le personnel : le plus important est de ne pas s’oublier. Et surtout, n’oubliez pas de faire remonter vos inquiétudes si vous sentez qu’un ou une collègue perd pieds ! Il va falloir être solidaire car cette crise n’est pas terminée.

Enfin, pour tous ceux qui reprennent le chemin des chantiers : ne mettez pas les autres risques entre parenthèses. Vous pouvez avoir du gel, un masque et être à plus d’un mètre de vos collègues, vous devez quand même porter votre casque et respecter les consignes de sécurité « habituelles ». On ne va pas au travail pour se blesser.

Soyons tous responsables et solidaires, la victoire est proche !

 


Article rédigé par Madeline Bourvon en mai 2020. Si vous souhaitez en discuter avec elle, n’hésitez pas à la contacter par Linkedin !

Madeline a été en charge de la certification MASE de Progressive, elle s’intéresse donc depuis plusieurs années aux questions de Santé, Sécurité et Environnement dans le monde du travail.

En dehors de ce projet, Madeline est Key Account Manager auprès de ses clients dans l’industrie, où elle apporte à ses partenaires nos services dans le domaine du recrutement sur les métiers de l’ingénierie.

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